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le Ven 22 Nov 2019, 04:07:00

La société canadienne spécialisée dans le financement de l’immobilier, Westbridge Mortgage Reit, a apporté un démenti formel aux informations diffusées selon lesquelles un accord avait été trouvé avec le gouvernement ivoirien pour la reprise par l’Etat de Côte d’Ivoire de ses parts cédées dans le capital de la Banque de l’Habitat de Côte d’Ivoire (BHCI) à l’issue d’une opération de privatisation.

 

En effet, dans une note en date du 13 novembre 2019, d’abord non signée, puis ensuite identifiée comme émanant du ministère ivoirien de l’Economie et des Finances, parue sur les réseaux sociaux, il était annoncé la décision du gouvernement ivoirien, « d’un commun accord avec le repreneur, Westbridge Mortgage Reit, d’annuler l’opération de cession de ses parts, et de reprendre en main, le contrôle de la banque ».

 

Une annonce d’autant plus étonnante qu’elle est intervenue assez tard dans la soirée, après la tenue d’un Conseil des ministres (plus habilité à prendre une telle décision) dont le communiqué final ne fait aucunement mention de ce présumé « accord ».

 

Contacté par l’Agence Ecofin, le directeur général de Westbridge et également directeur général de la BHCI, J.D Diabira  s’est voulu très clair. « Nous [Westbridge, Ndlr] n'avons d’accord avec personne pour revendre notre part d'actionnariat. En tout cas pas encore. Et nous n'avons pas entamé de discussions à cet effet. Nous sommes en possession de nos titres nominatifs représentant 51,6% des parts. Et avec l'ensemble des actionnaires représentant plus de 96% des actions, aucun n'a revendu ses titres », a-t-il martelé.

 

Clarifier « une situation de prise d’otage de la banque »

Dans une note interne adressée à ses collaborateurs au sein de la banque, hier mardi, que l’Agence Ecofin a pu consulter, le président du conseil d’administration de Westbridge, James Clayton, s’est voulu également rassurant. « D'emblée je tiens à dire que ni Westbridge ni aucun des autres actionnaires de la Banque n'a conclu d'accord récent avec le gouvernement », a-t-il déclaré.

 

Précisant toutefois que Westbridge a bel et bien écrit au gouvernement ivoirien le 28 octobre dernier « pour solliciter l'aide de la Primature à clarifier la situation de prise en otage dangereuse dans laquelle la banque, ses employés et ses actionnaires se trouvaient ».

 

A travers ce courrier, James Clayton fait savoir que Westbridge demandait « l'aide » du Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, « pour aboutir à une conclusion rapide qui permette soit (1) à Westbridge de prendre le contrôle effectif de la Banque dont elle est actionnaire majoritaire, ou (2) d'entamer un dialogue pour nous libérer et libérer la Banque de la situation dangereuse dans laquelle elle se trouve ». Une démarche qui, souligne-t-il, a aussi été entérinée lors de l'Assemblée générale des actionnaires du 31 octobre, en présence de la représentante de l'Etat et en présence des observateurs venant de la Commission bancaire de l’UEMOA.

 

Cette demande d’audience au Premier ministre ivoirien qui n’a toujours pas eu lieu, fait elle-même suite à un autre courrier adressé depuis le 20 septembre 2019 par Westbridge au Président ivoirien, Alassane Ouattara, pour lui faire part des « nombreuses et parfois insurmontables embûches qui sont mises sur leur chemin en Côte d'Ivoire, dans le cadre de la reprise de la BHCI ».

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« Empêcher Westbridge de prendre le contrôle de la banque »

Ce nouvel épisode vient en rajouter à une crise qui secoue la banque depuis quelque temps déjà. Et pour les dirigeants de cette institution, tout cela entre dans une logique visant à empêcher Westbridge « de prendre le contrôle effectif de la banque ».

 

Selon James Clayton, la situation de « mal-gouvernance » que vit la banque ces derniers mois est exceptionnelle, dans le blocage dangereux qu'elle a créé. « Les actionnaires à qui on demande des contributions en capital de plus en plus élevées sont effectivement exclus de la gestion de la Banque », s’indigne-t-il.

 

Révélant que « de fait, la BHCI est contrôlée et gérée par des individus qui ne sont ni actionnaires, ni gérants. Vous le savez tous aujourd'hui, le ministre des Finances et la Directrice de cabinet du ministère des Finances sont au contrôle de la gestion de la Banque, et ce depuis déjà des mois, créant ainsi une confusion juridique préjudiciable à la Banque et aux intérêts des actionnaires légitimes ».

 

(Agence Ecofin)

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